chemin faisant

comme beaucoup d’entre nous, à l’approche de la mort, je tente de mettre à jour le chemin parcouru, de l’éclairer sous un autre jour, afin de jeter une lumière nouvelle sur les embranchements qui ont peut-être été décisifs, exercice délicat mais qui pourrait baigner d’une douce clarté ce que cachèrent les faits trop voyants, voire qui pourrait faire ressurgir les traumatismes des générations précédentes susceptibles d’expliquer des choix de vie à première vue incompréhensibles,

l’exercice est difficile, sans doute risqué car nous perdons souvent à ce jeu de l’oie désordonné, nous nous perdons, nous nous fourvoyons en imaginant des scénarios abusifs ou mensongers, nous nous prenons la tête, nous nous imaginons trop facilement en héros ou, au contraire, en pauvres types, ceux que l’on désigne par paumés, éventuellement frappés par un coup du sort, nous nous devons donc d’être prudents et de ne rien affirmer de définitif en gardant le livre des possibles à tout jamais ouvert, du moins jusqu’à notre dernier souffle,

je me demande s’il serait possible de recouvrer la santé en faisant la lumière sur un de ces traumatismes ayant marqué mes ancêtres au point d’en imprimer mon patrimoine génétique, à tout le moins d’effacer une maladie à défaut de me rendre une jeunesse définitivement révolue, je laisse la porte entrebâillée plutôt que de guetter le moindre signe, attendant avec patience et confiance que les signes importants s’imposent à moi, sans chercher à modifier en rien le cours de ma vie de dilettante,