Le grand écart

D’un côté, le slogan pétainiste détourné en « Travail, famille, pastis ». Avec une faute de grammaire et/ou d’orthographe. Quelqu’un a rectifié en remplaçant « pastis » par « vin ». Il est vrai que nous sommes à Arbois, capitale du vignoble jurassien. Une petite production, mais de qualité, dont le vin le plus réputé, et souvent déroutant pour les non initiés, est le vin jaune. Le prince de Metternich disait que c’était le vin des rois. L’anis distillé, et plus précisément le pont, qui titre 45 degrés, est pourtant originaire de Pontarlier, capitale du Haut-Doubs, dans le département voisin. Rivalités ridicules, il va s’en dire. On aime détester le voisin. Les Franc-Comtois adorent dire du mal des Suisses, par exemple. Mais beaucoup d’entre eux y trouvent leur compte en allant travailler de l’autre côté de la frontière, où les salaires sont trois fois ce qu’ils sont en France. Ou en vendant leurs produits aux Suisses frontaliers.

Sur la partie de droite de l’image, on cherche à nous rassurer en indiquant que pour lutter contre le réchauffement climatique il faut boire du vin. Ce n’est pas faux si le vin est de qualité et produit selon des méthodes qui écartent pesticides et autres herbicides. La photo a été prise chez les Zinzins du Vin, bar à vins où j’emmène tous les visiteurs de passage à Besançon. J’en profite pour rendre hommage à Pierre Overnoy, producteur d’excellents vins, que je n’avais pas vu depuis près de vingt ans et que j’ai rencontré lors de la dernière fête du Biou, qui marque le début des vendanges dans le Jura. Pierre fait la démonstration que le vin conserve, même si à 82 ans il marche un peu voûté.

Encore ceci : quand j’étais un jeune adulte, jamais je n’aurais imaginé que l’on en viendrait à parler de mon vivant de dérèglement climatique chaque jour que le soi-disant bon dieu fait. Et même qu’une nouvelle profession (de foi) apparaîtrait : celle de collapsologue. Que nos enfants soient préservés de la disparition de l’homo-sapiens ! Mais qu’ils en profitent pour remettre en cause nos modes de vie les plus mauvais, notre égoïsme sans limite, notre incapacité à vivre en harmonie avec la nature. Un exemple nous montre la voie, celui des Amérindiens qui survivent en Amazonie. Avant qu’il ne soit trop tard.

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