lui

Faut-il pour parler de lui parler de moi ? Question à ce point ancienne que j’en éprouve, en tant qu’auteur, un dégoût qui me tourneboule l’estomac. Ces derniers temps, mes nuits sont bousculées par des rêves qui ressemblent à des séries Netflix. Violence criminelle, violence politique, violence sexuelle. Le triangle infernal de nos vies. Autour de l’orthocentre duquel pointe la mort. Pourquoi tant de haine et si peu d’amour ? Pourquoi tant d’inconfort et si peu de paix ? Je m’interroge sur ce qui permet une mort paisible. Je me demande si mon choix d’une mort à la demande est le bon choix. Je me demande ce que les voix qui résonnent dans mes cauchemars, je me demande ce qu’elles tiennent à me faire savoir. Je me demande et je ne trouve aucune réponse.

Faut-il pour parler de moi parler de lui ? Ou parler d’elle ? Variations du premier paragraphe. Aussi écœurantes. Les faux amis et leurs problèmes ne lâchent pas le scénario de leurs nuits. Devinez qui c’est ! Au matin, des images persistent mais ne signent pas. La nuit dernière, une femme et son amant détalent à l’intérieur d’un labyrinthe pour échapper à ceux qui leur en veulent au point de vouloir les assassiner. Pourquoi n’y a-t-il pas pour eux le simple plaisir de baiser ? Et pour celui qui dort, le simple plaisir de jouir ? Il voudrait comprendre sans avoir à passer vingt ans chez un psy. Elle voudrait savoir sans y perdre la moitié de sa maigre paie.

La journée ne vaut pas mieux que la nuit. Trop de caféine, trop de tremblements, trop de mal à la tête. L’été finit déjà. Avec le sentiment qu’il ne restera que trop peu d’étés à vivre. De vrais étés, à se dorer la pilule plutôt qu’à les avaler avec un grand verre d’eau. Trop de maladies chroniques, trop de guerres, trop de soucis. Trop de peurs, surtout. L’hiver s’annonce et sera pire que l’été, cela leur est servi comme une certitude. Et l’année prochaine sera pire que cette année. Autre certitude. Il voudrait lire une belle et bonne histoire. Une histoire nouvelle qui dégagerait la vue. Toutes les histoires dans lesquelles ils mettent leur nez ne leur inspirent que dégoûts, écœurements, envies de vomir. Trop de ficelles. En avons-nous trop dit ?