plantes

qu’est-ce que j’y peux si je suis né après toi, il dit ça en levant les sourcils au ciel, le ciel bas du plafond blanc un peu craquelé, le lecteur le regarde avec étonnement, le lecteur n’a rien à répondre à pareille accusation, j’ai pas le droit d’être malheureux, il ajoute ça en levant les sourcils au ciel, le ciel bas du plafond un peu sale de l’habitacle de la bagnole, la conversation est mal partie, c’est une conversation entre générations perdues,

on pourrait remonter les générations jusqu’à la soi-disant renaissance, jusqu’au séisme du septième siècle de notre ère décrétée, jusqu’à l’invention des ravioles chinoises, jusqu’à la mise au point du premier boomerang, jusqu’à la construction de la première ville amazonienne, oui ville, des milliers d’années avant leur conversation mal engagée, on pourrait et ça finirait mal, toujours mal, rien n’y pouvait, rien n’y pourrait,

l’étincelle brille là dans un rayon d’un kilomètre autour du domicile, l’adresse impartie, le domicile avec lequel on voudrait se déplacer comme l’escargot avec sa coquille, la beauté, on ne sait pas ce que c’est, la beauté c’est un mot, ça c’est sûr, peut-être une émotion à un instant, au mieux un moment, ne parlent longuement de beauté que ceux qui donnent des ordres ou voudraient en donner, le verre de vin qui tangue se faufile dans le désordre des temps, le trébuchement en vue d’un meilleur s’observe en cercles concentriques autour d’un ailleurs lointain, l’envie de suivre surprend l’un.e ou l’autre au coin d’une rue dévastée par un ennemi invisible entre deux vagues de folie numérotées, le chant du shaman appelle dans un village de la forêt les animaux humains au nom des félins, le dessin regroupe les cœurs des plantes aux aguets, le pied du fils bat la cadence basse et rouge, la verte sève s’écoule lentement dans les veines du lecteur,