les couleurs mentent

l’Église ment, les couleurs mentent, les couleurs de l’église en remettent une couche, une couche de greenwashing, dans une ville dont madame la maire se proclame Vert – et pourquoi pas Verte ? –, cette église du quartier des Quatre Vents, une ville ouverte à tous les vents, et donc aux vents de la supposée modernité politique,

les couleurs mentent, dit-on, et c’est souvent vrai, mais le noir et blanc ne mentirait-il pas ? le clocher ment en revêtant les atours d’un vivant dominé, des feuilles vertes, ce clocher d’église appartenant à l’Église catholique, celle qui a proclamé la séparation du vivant entre l’Homme et la Nature, cette Église qui a tout de même réussi à faire avaler à une centaine de générations des histoires abracadabrantes, jusqu’à tuer ceux qui n’avalaient pas la couleur divine du sang de son prophète autoproclamé,

les couleurs du photographe mentent en se soumettant à ses désirs les plus retors, elles mentent aussi au photographe et celui-ci n’y voit pas forcément d’inconvénient, il se sait complice de cette manipulation, cette vaine manipulation puisque chacun voit les couleurs selon ses capacités visuelles, Mr Clickman n’est le prophète d’aucune religion, il n’est que le disciple d’une école consacrée à la photographie parmi tant d’autres, il n’est au pire que le mercenaire de patrons désordonnés et querelleurs, eux-mêmes au service de basses œuvres éphémères,