la culture au pied du mur

est-ce que le football fait partie de la culture au pied du mur ? est-ce que ce slogan remplace avantageusement les publicités des stades ? est-ce que les mots de Stephen Powers sonnent mieux que les cris des supporteurs ? bien sûr, j’ai mes propres réponses à ces questions, des réponses provisoires, car je change souvent d’avis, en fait ce n’est pas que je change souvent d’avis, c’est que je reste attentif au monde dont je fais partie, aux opinions qui s’échangent et auxquelles je suis sensible, aux arguments, aux observations que d’autres ont faites et qu’ils présentent, je reste attentif au contexte changeant, je rouvre même des fenêtres que je croyais avoir fermées pour toujours, je reste curieux de ce que l’on voit au-delà de ces fenêtres ouvertes ;

la photographie est une manière, une bonne manière peut-être, d’observer le monde alentour, de le réinterpréter à tête reposée en examinant sur mes écrans l’équivalent des anciennes planches contact, la photographie est aussi parfois le lieu où je ressens quelque regret, celui de ne pas avoir su voir au moment où j’ai déclenché, un regret car je sais que cet instant ne reviendra pas, mais qu’importe ce regret car le monde est riche à explorer, le monde m’offre, le monde nous offre tant d’images nouvelles – et je ne parle pas des goûts et des musiques, entre autres – dans lesquelles plonger ;

je voudrais ralentir ces plongeons, je voudrais tant de choses, je voudrais rester vivant à jamais pour me nourrir des nourritures qui me sont inconnues, je voudrais voir se confirmer dans la bouche d’autres que moi, des observations que je suis, semble-t-il, le seul à avoir faites, non pas pour satisfaire un quelconque orgueil, je voudrais en savoir plus sur l’univers, sur les univers, ceux dans lesquels nous nous débattons tous, et surtout sur les univers que nos corps abritent, sur les univers que chaque être vivant abrite, ces univers qui plongent si profond en nous et que la photographie ne pourra jamais atteindre, en dépit des progrès que l’imagerie médicale effectue, ces profondeurs infinies qui nous donnent le vertige dès lors que l’on se concentre en pensée sur leurs infinies possibilités,