la beauté du diable

c’est l’intitulé de l’expo, la beauté du diable, l’exposition en cours au FRAC de Besançon, c’est une bonne expo, une expo qui fait du bien, et l’œuvre que l’on aperçoit en bas à gauche, dans une faille ménagée dans la cloison, cette œuvre est signée Nino Laisné, un sacré diablotin ce Nino, cet enfant de putain de Marie, une installation nommée Fausts Wächter, qui renvoie à la première incarnation de Méphistophélès, ce chien symbole de fidélité et de bienveillance, et tu peux le voir tel quel, ce toutou, sans allusion à un prétendu caractère diabolique, tu ne crois ni en Dieu, ni en Satan, pour les mêmes bonnes et simples raisons pour lesquelles Kandiaronk réfute de manière rigoureuse le christianisme et son embrouillamini d’histoires à deux sous supposées apporter lumières à ses auditoires égarés dans les ténèbres,

et tu apprends que Vladimir Vladimirovith P. s’est désormais fixé comme objectif de désataniser l’Occident, après avoir prétendu vouloir dénazifier l’Ukraine, croit-il au diable, VVP ? croit-il à la moitié de ce qu’il énonce dans ses discours ? et tu t’en poses des questions en te demandant en même temps si ça vaut la peine de se poser autant de questions, dont les réponses n’apporteront rien de meilleur dans ta vie, et tu te demandes, encore une question, quelle vie alternative tu pourrais choisir, sous quelles latitudes, avec quel peuple étranger au mythe de Faust, au personnage effrayant de Méphistophélès, et tu poursuis tes lectures, leurs enseignements, et tu écoutes de nouvelles musiques et tu conviens qu’il n’y a guère de poètes parmi les poètes officiels décorés par les ministres de l’Éducation nationale, et tu crois pouvoir admettre que les musiques qui font venir des larmes sont des musiques de haute poésie,

c’est beau un chien qui ronge un os, c’est plus beau encore un chien qui passe des heures à t’observer, ça te fait du bien, mais ce qui te fait chavirer, c’est le bateau ivre qui te mène sur des mers où des éclairs subtils illuminent en ton cœur ton chemin de vie, celui que tu n’as pas choisi, celui qui s’ouvre littéralement aux yeux de ton esprit, aux oreilles connectées à tes yeux humides, c’est beau une ondée légère d’émotions légères, faisant suinter des questions inattendues repoussant les limites de ton monde, c’est émouvant, c’est touchant, c’est sans réponse, c’est beau un chien qui te regarde sans crainte, c’est ainsi et c’est autrement, c’est la vie dont tu te demandes parfois à quoi elle ressemble ailleurs au fond des mers, au fond des galaxies, du fond du cœur, devant toi, devant tes yeux, entre les lignes, entre les notes, rarement, est-ce que tu entends ce que j’entends, est-ce que tu vois ce que je vois ?

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Auteur : Francis J

Écrivain photographe ou photographe écrivain

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