ni chien ni chat

contrairement à la promesse, on s’arrête là, on ne sait pas pourquoi l’on s’arrête là, pas âme qui vive, le lieu attire le regard, va savoir pourquoi, peut-être parce qu’il n’y a ni chien ni chat, pas un bruit, pas un mouvement perceptible, juste un doute, le flou entre abandon et usage,

dans la rue des voitures passent, on les oublie, on se pose des questions, on se demande en silence, aucun bruit ne parvient du bâtiment, on se rappelle une autre scène, une grande maison à l’orée d’un bois ou d’une forêt, près du village de Saint-Gobain en Picardie, oui le Saint-Gobain qui a donné son nom à l’entreprise, c’était il y a longtemps, avant la fuite, avant l’exode, avant la fin que les plus pessimistes (ou les plus optimistes, va savoir) annonçaient,

dans la rue les voitures ne passent plus, les chantiers ont été abandonnés, on a repris notre chemin, avec nos interrogations, avec nos doutes, sans savoir si on avait loupé le rendez-vous, on pense à la mort qui vient, à ceux qui tombent déjà, aux corps des chiens et des chats abandonnés, aux corps offerts à la meute des insectes noirs, on se rappelle le cadavre d’un cheval sur le bord d’une route en Turquie, le deuxième voyage, celui de 1974, on se rappelle la meute des insectes noirs, on se souvient de la couleur de la mort,

Auteur : Francis J

Écrivain photographe ou photographe écrivain

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