Courbet et moi

dans la capitale franc-comtoise, les trams sont bleus et portent la signature et le portrait de célébrités locales ou régionales, telles que Victor Hugo (né là en 1802 et reparti aussitôt), Proudhon, Fourier, les frères Lumière, Colette (qui possédait une résidence dans les faubourgs de la ville), Jouffroy d’Abbans (qui possédait un château dans le coin et fit faire trempette à son pyroscaphe sur le Doubs), Pasteur (inventeur des vaccins selon les Français), j’en oublie, et bien sûr Courbet, inventeur de « L’origine du monde » (chère, dans tous les sens du terme, à Lacan) et de « Un enterrement à Ornans » (sa cité natale), façon de boucler le cycle de la vie,

en me promenant hier, je suis abordé par deux Papous perdus par les rues de la ville, deux Papous qui espèrent que je leur trouve un restaurant, ce qui constitue une gageure un lundi midi, la conversation se noue et nous parvenons place Granvelle où prend ses aises l’agréable terrasse du 1802 (date de naissance de Victor Hugo), à la cuisine fine et au rapport qualité prix raisonnable, les Papous me faisant confiance m’invitent à leur tenir compagnie, ce que je ne saurais refuser, nos passeports vaccinaux sont dûment vérifiés (pour la première fois de la saison) et nous nous installons à une fort jolie table où nous commandons le plat du jour, un goûteux pluma de porc et son émulsion de piperade, accompagné de lentilles et de légumes du marché,

les Papous résident en Allemagne où ils étudient la philosophie et les mœurs européennes, se livrent à des comparaisons, s’étonnent notamment de l’absence de liberté sexuelle des Allemandes, de la saleté des rues bisontines, de la facilité avec laquelle ils ont pu se faire vacciner, disent leur incompréhension de voir des Français manifester en nombre (3800 la veille ici-même) contre la vaccination, ne s’inquiètent pas de l’avenir de l’humanité, adorent le pluma de porc qu’ils découvrent en même temps que moi, et seraient ravis de m’accueillir en Papouasie lorsque je passerai dans les parages, invitation que j’accepte avec enthousiasme,

Auteur : Francis J

Écrivain photographe ou photographe écrivain

4 réflexions sur « Courbet et moi »

    1. Oui, c’est ainsi que j’ai rencontré mes épouses. Pour le meilleur et pour le pire. Comme ils disent, je crois, lors des cérémonies de mariage à l’église.

      1. And several at once, wow. The coincidence had a lot to do with you and your encounters 😉

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