plantes

qu’est-ce que j’y peux si je suis né après toi, il dit ça en levant les sourcils au ciel, le ciel bas du plafond blanc un peu craquelé, le lecteur le regarde avec étonnement, le lecteur n’a rien à répondre à pareille accusation, j’ai pas le droit d’être malheureux, il ajoute ça en levant les sourcils au ciel, le ciel bas du plafond un peu sale de l’habitacle de la bagnole, la conversation est mal partie, c’est une conversation entre générations perdues,

on pourrait remonter les générations jusqu’à la soi-disant renaissance, jusqu’au séisme du septième siècle de notre ère décrétée, jusqu’à l’invention des ravioles chinoises, jusqu’à la mise au point du premier boomerang, jusqu’à la construction de la première ville amazonienne, oui ville, des milliers d’années avant leur conversation mal engagée, on pourrait et ça finirait mal, toujours mal, rien n’y pouvait, rien n’y pourrait,

l’étincelle brille là dans un rayon d’un kilomètre autour du domicile, l’adresse impartie, le domicile avec lequel on voudrait se déplacer comme l’escargot avec sa coquille, la beauté, on ne sait pas ce que c’est, la beauté c’est un mot, ça c’est sûr, peut-être une émotion à un instant, au mieux un moment, ne parlent longuement de beauté que ceux qui donnent des ordres ou voudraient en donner, le verre de vin qui tangue se faufile dans le désordre des temps, le trébuchement en vue d’un meilleur s’observe en cercles concentriques autour d’un ailleurs lointain, l’envie de suivre surprend l’un.e ou l’autre au coin d’une rue dévastée par un ennemi invisible entre deux vagues de folie numérotées, le chant du shaman appelle dans un village de la forêt les animaux humains au nom des félins, le dessin regroupe les cœurs des plantes aux aguets, le pied du fils bat la cadence basse et rouge, la verte sève s’écoule lentement dans les veines du lecteur,

Auteur : Francis J

Écrivain photographe ou photographe écrivain

5 réflexions sur « plantes »

  1. … the green juice of your words flows through my brain, vitalizes me, let me guess more than know what your text is actually about, but I like that, it is as if I am roaming through a terrain vague, with buildings of unknown origin, with people who make mysterious sounds, with plants that seem to have a secret life, a journey through a strange world of letters …

    1. dear Uwe, thank you for your words which reassure me a little about my attempt to express what, in these difficult moments where nothing is any longer self-evident, i want to mean about those moments full of dark doubts from which emerges a fine light charged with an energy if not new but renewed.

      1. Dear Francis, I have some inkling of the dark reasons why such texts arise. But since I am dependent on translation help, many things remain hidden from me, but that does not bother me. I abandon myself to the flow of words and listen to their possible meanings. I proceed in a similar way with my extemporaries: pushing back the everyday mind and recording what language does to you – free writing. Something always wants to be written down.

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