confusion mentale

Il s’est enfoncé dans la nuit, dans des rues, des impasses, des espaces sans nom, il s’est enfoncé dans sa colère, il s’est enfoncé dans les souvenirs, il s’est retrouvé dans ce qui ressemblait à un chemin qui menait à une entreprise d’un autre temps, elle s’appelait Akkus, il s’est rappelé les accus, il s’est rappelé les accus qui faisaient partie du vocabulaire des potes de sa jeunesse, Daniel et Marco, et celui qui avait fini par épouser la rousse du faubourg, dont il avait oublié les noms, il s’est demandé en s’approchant d’Akkus de quelle informatique il était question, de quelle époque datait Akkus,

il était sorti pour s’aérer suite à la dispute violente qu’il avait eue avec Woogie, son robot, son chien robot qui lui posait de plus en plus souvent des questions embarrassantes sur la sexualité des animaux humains, embarrassantes parce qu’elles lui rappelaient des temps anciens et confus où il n’avait pas toujours compris les attentes de certaines maîtresses, des attentes qu’il avait fini par comprendre avec l’expérience, avec la multiplication des maîtresses,

en marchant sans but à travers la nuit, en s’enfonçant dans la nuit, en s’enfonçant dans des pensées confuses, il s’était rappelé sa rousse à lui, celle qui passait des vacances dans le village de la grand-mère, il devait avoir une dizaine d’années, elle aussi, à qui il pensait la nuit mais aussi le jour quand il était seul, elle qui lui donnait un plaisir dont il découvrait les sensations nouvelles, elle à qui il avait envie de penser sans arrêt, elle qui avait été tuée dans un accident de voiture, elle à qui il avait continué de penser après sa mort, elle qui lui donnait un sentiment de culpabilité chaque fois qu’il l’avait désirée après l’enterrement, elle qu’il n’avait jamais enterrée, il s’approchait quand une lumière s’est déclenchée sur sa gauche, une lumière comme l’éclair d’un orage, il a pris peur et s’est jeté dans le coin d’ombre encore épargné, il a pris peur et s’est senti terriblement seul,

Auteur : Francis J

Écrivain photographe ou photographe écrivain

4 réflexions sur « confusion mentale »

  1. i’m sorry, this is obviously a poignant piece of writing, but i could not help laugh at the robot dog asking embarrassing questions lolol other than that, it’s very Edgar Allen Poe … ish 🙂

    1. don’t be sorry, Elaine, that’s just life as i see it. sometimes a tragedy, sometimes a comedy. some people say about my writing that they are thinking of Modiano, Carver, Artaud and others. you have been thinking of Poe. maybe that’s just me 😉

  2. Mir ging es so wie Elaine: Der Text lebt von einem schwarz-romantischen Schauer, bis der Roboterhund auftaucht, und für einen IT-Einsprengsel sorgt, der den Leser lächeln lässt.

    Aber auch das Foto lebt von einer Spannung der Gegensätze: eine nächtliche Seitengasse und dann der Licht-Spot aus einem Fenster von rechts auf eine Hauswand, wo das Fenstergitter als Schattenlinie erscheint.

    Vielleicht sind es solche Nächte, in denen man nicht schläft, sondern durch die dunklen Gassen einer Stadt streift, welche die « Akkus » unserer guten und unguten Erinnerungen aktiviert.

    1. wie Sie zu Recht betonen, sind Licht und Finsternis zwei Seiten derselben Realität.
      vielleicht ist die nacht inspirierender, gefühlvoller als der tag. denn unsere schönsten albträume treten nachts auf und befreien uns von der schwere, unsere furchterregendsten träume wirken tagsüber auf uns ein und überhäufen uns.

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