Pierres et Lumière

Contrairement à l’article précédent et sa photo, j’ai bavardé. Non pas avec la petite fille qui nous jette un regard d’étonnement, mais avec sa maman, au sortir de son travail. On changera les noms, l’on donnera à la petite fille le prénom de Nour qui lui va bien. Nour = Lumière. Pas dans la langue du papa qui vient d’un pays très lointain et dont on ne parle jamais. Lumière, dans la langue de la maman, la langue originelle et les langues qui s’en inspirent, parlées par des centaines de millions de locuteurs. J’ai toujours aimé le nom de Nour, avant même de savoir ce qu’il signifiait.

La photo a été prise un jour d’été et de grand soleil, dans une rue de pierres, une rue tranquille et ses murs de pierres, ses pavés de pierres, ses pauvres pierres lumineuses. Et dans cette rue minérale, tandis que mon épouse et moi bavardions avec la maman, Nour s’est tournée vers nous, nous a renvoyé un peu de la lumière de ce lieu et de ce moment. Quelques années ont passé. Qu’est-elle devenue ? Comme toujours, il n’y aura pas de réponse. Je peux calculer son âge. Et alors ?

Je me demande à quoi bon repenser au passé, à quoi bon imaginer le futur. Certaines rencontres donnent l’occasion à de vieilles connaissances de raconter des souvenirs que nous aurions en commun. Je vais au cinéma et me rends compte soudain que j’ai déjà vu le film. Avec la musique, c’est différent. Rien ne vaut les musiques que nous avons déjà écoutées, parfois des centaines de fois. Avec la photo, c’est différent. Je me souviens très bien de photos que je n’ai vues qu’une fois il y a parfois des années et des années. Cette photo, je m’en souvenais très bien en la redécouvrant dans mes archives. Et je me souviens aussi de la maman et de son histoire, telle qu’elle nous l’a racontée. Question de lumière.

Auteur : Francis J

Écrivain photographe ou photographe écrivain

7 réflexions sur « Pierres et Lumière »

  1. Die Kleine nimmt Kontakt auf, sanft und vorsichtig, und doch bleibt sie uns ebenso fremd wie die unzugänglichen Steine. Es gähnt ein Abgrund zwischen dem aufgezeichneten und dem gegenwärtigen Augenblick, da wir das Foto betrachten. Es ist eine Konserve, gemacht aus Licht und Zeit, und nur Du, lieber Francis, kannst dem Moment eine Geschichte unterlegen, die aus Deiner persönlichen Erfahrung und Erinnerung gespeist wird. Wir können dies natürlich auch, denn das Foto passt zu vielen Geschichten, die man sich einfallen lassen kann, wir müssen der Szene nur eine Vergangenheit und Zukunft leihen. Doch nur bei Dir wird das Betrachten zu einer sentimental journey, einer Zeitreise in Deine eigene Lebensgeschichte, ermöglicht durch Licht.

    Gruß Uwe

    1. Ja, Uwe, dieses Licht erlaubt es uns, durch Zeit und Raum zu reisen, mit denen zu teilen, die sich die Zeit nehmen, die Fotos zu betrachten, einfach zu leben. Es ist wahrscheinlich kein Zufall, dass die meisten von uns Dunkelheit mit Angst, ja sogar Unglück verbinden. Lichtmangel!
      Dennoch ist eine der Stärken einiger Fotografen, das kleine Licht der Nacht einzufangen und unvergessliche Fotos davon zu machen, Fotos, die selbst die kältesten Herzen, die verlorensten Augen erwärmen können.
      Mit Hilfe von DeepL und den fernen Erinnerungen an meine Deutschkurse riskiere ich, in Ihrer Sprache zu veröffentlichen.

      1. Aber das ist doch super. Und mit Hilfe von Deepl schaffe auch ich es, Deine Texte zu lesen und darauf und auf die Fotos zu reagieren. Es ist mir eine große Freude, diesen Kontakt zu pflegen.
        In diesem Sinne:
        Ein Hoch auf die Übersetzungshilfen.
        Gruß,
        Uwe

  2. Dans ce cadre minéral et sans joie, ou tout semble dire que l’humanité n’a pas sa place, la présence de cette petite fille qui semble nous dire « je ne fais que passer » a quelque chose d’incongru. La photo est très belle

    1. Merci Arnaud. Ta remarque sur le cadre « minéral et sans joie » est très intéressante. Pour moi qui étais sur place, le ressenti était différent. Cela « montre » à quel point le cadrage peut donner un sentiment différent, en fonction de l’angle de prise de vue. En donnant à la petite fille le « premier rôle » dans un carré assez fermé, le photographe (moi) souligne l’expression de son visage mieux que si l’angle de prise de vue était plus ouvert et incluait notamment la maman. Le choix du noir et blanc n’est pas neutre, les couleurs de ce jour d’été auraient rendu la scène plus chaleureuses, même si les pierres restent des pierres.

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